NATHALIE JEAN-LOUIS, CEO VidaYHado

Nathalie Jean Louis – CEO VidaYHado Décoratrice horlogère

1492. Christophe Collomb, prétendant cheminer vers les Indes, découvre un nouveau continent. La folie coloniale est lancée. Entre 1710 et 1830, les horlogers britanniques et Français, vont redoubler d’inventivité pour améliorer la précision des chronomètres de marine, qui permettent de déterminer la longitude en mer. La course à l’outremer se stabilisant, l’industrie horlogère, va progressivement migrer en Suisse, pour des raisons de stabilité et de faible coût de la main d’œuvre.

Et les Suisses, vont magnifier la brute technologie horlogère, grâce à l’art de la décoration issue de la bijouterie. Ceci, déjà, permettant de lutter contre la contrefaçon. Au XIXéme siècle, on le savait déjà : une machine ne sait reproduire le geste de l’artiste. L’inspiration des décorateurs provenait du bucolisme des vallées horlogères, tel trait tiré fait penser aux champs labourés, tel côte de Genève ondule comme les vagues du lac, tel angle rentrant évoque une vallée sis entre deux montagnes…

Initialement, la valeur d’une montre résidait dans sa précision, sa solidité, ces critères devinrent désuets avec la crise du quartz tomba sur les vallées dans les 70’ comme une averse d’été. Ainsi, une Seiko en plastique, devenant de facto, plus solide et plus précise qu’une Patek Philippe, pour 1/100éme du prix de cette dernière.

Néanmoins, l’horlogerie a su se réinventer en mettant au premier plan son artisanat : les années 2000 ayant vu tout à la fois l’émergence de l’horlogerie contemporaine, comme MB&F, mais aussi d’artisans qui ont repoussé les limites de la décoration, comme Philippe Dufour. Les grandes maisons traditionnelles, ont dû s’adapter, en faisant appel à une nouvelle génération de décorateurs.

C’est ici que commence l’histoire de Nathalie Jean-louis, angleuse. De formation artistique, elle ne se destine pas aux métiers de l’horlogerie, qui lui ont été déconseillés par sa grand-mère, qui avait connu la crise du quartz.

Mais, chassez le naturel, il revient galop : à la faveur d’une embauche chez Piaget, elle va après quelques mois de travail comme opératrice de machine à perler, rejoindre l’atelier de décoration semi-artisanal de la marque de la côte aux fées. Rapidement, Nathalie sera confrontée aux limites du business horloger actuel ou l’on a remplacé la main par des outils électriques à micromoteurs pourvus de gommes à anglages pour des raisons de coûts.

Elle devra ronger son frein jusqu’en 2007, année où elle intégrera une marque alors naissante : Greubel Forsey. Dans le cadre de cet atelier unique à cette échelle (une douzaine de personnes sont dédiées à la décoration main), Nathalie sera amenée à repousser toutes ses limites pour atteindre le niveau d’exigence souhaité, digne des plus grandes heures de l’horlogerie de tradition. Beaucoup craqueront, mais pour elle, ce sera une révélation artistique. C’est ici qu’elle apprendra à réaliser des angles rentrants à la lime, avec zéro pression sur les quantités. Cette liberté de travail lui permettra même de développer une nouvelle technique de polis de surface, où le rendu est plus polis noir/bloqué que polis miroir.

Souhaitant apporter sa pierre à l’édifice des finitions horlogères manuelles et considérant qu’elle avait fait le tour du salariat chez GF, Nathalie deviendra indépendante en 2011. Cette aventure entrepreneuriale sera nécessaire pour qu’elle puisse développer sa créativité. Afin de répondre aux demandes toujours plus spectaculaires de ses clients : anglages arrondis, plats, rentrants, sur de l’or, du maillechort, de l’acier, du titane… Elle devra innover, se dépasser techniquement, mais aussi personnellement. Les pièces uniques engendreront l’adrénaline du non-droit à l’erreur : ce qui induira pour Nathalie des états de transe méditative, qui lui permettent de fournir un anglage repoussant les limites

VIDAYHADO
Nathalie Jean-LouisHorlogerie,
route de Notre-Dame 10
2013 Colombier NE
Tél 032 863 10 15
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